Président du jury
Marcel Poot
Belgique, °1901 - 1988
Marcel Poot (1901-1988) fit ses études musicales supérieures aux conservatoires d’Anvers et de Bruxelles. Il fut un disciple de Paul Gilson pour la composition et l’orchestration et après avoir obtenu en 1930 le Prix Rubens, il travailla à Paris avec Paul Dukas.

En 1925, il crée avec quelques amis le groupe des Synthétistes pour faire mieux connaître la musique contemporaine. Il fonde avec son maître Paul Gilson, la Revue Musicale Belge. Parmi ses multiples occupations, citons qu’il fut aussi critique musical au journal Le Peuple et après la guerre au journal La Nation Belge. Il occupe jusqu’en 1940 un poste à l’Institut National de Radiodiffusion nouvellement créé. En collaboration avec le directeur Theo Fleischman il écrivit divers jeux radiophoniques. Après la guerre il reprend ses activités à L’I.N.R. et y devient président du jury d’audition jusqu’en 1949. Il assume également la présidence de la SABAM pendant de nombreuses années.

Après une importante carrière dans l’enseignement musical, Marcel Poot quitte la radio pour devenir en 1949 directeur du Conservatoire de Musique de Bruxelles jusqu’en 1966. Il y était déjà professeur d’harmonie pratique et de contrepoint. De 1963 à 1980 il a présidé le jury du Concours Reine Elisabeth et de 1969 à 1976 il a été recteur de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. Il était membre de l’Académie Royale Flamande de Belgique.

Il est titulaire de plusieurs décorations belges et étrangères, dont en Belgique officier de l’Ordre de Léopold et en France officier de la Légion d’Honneur.
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Vladimir Avramov
Bulgarie (Rép.), °1909 - 2007
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Lola Bobesco
Belgique, °1920 - 2003
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Joseph Calvet
France, °1897 - 1984
Joseph Calvet a étudié aux Conservatoires de Toulouse et de Paris, avec Guillaume Rémy et Edouard Colonne. En 1919, il fonde le Quatuor Calvet avec Léon Pascal, Georges Mignot (remplacé par la suite par Daniel Guilevitch) et Paul Mas. Ils connaissent un grand succès avant le début de la seconde guerre mondiale. Joseph Calvet a été professeur au Conservatoire de Paris.
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Zino Francescatti
France, °1902 - 1991
D'origine italienne, le violoniste Zino Francescatti est né à Marseille en 1902. Son véritable nom était René-Charles Francescatti. Ses deux parents étaient violonistes, et son père - René - avait été l'élève de Paganini. Le jeune Francescatti interpréta le Concerto No. 1 pour violon de Paganini pour son début officiel, à Paris en 1925.

A cette date, il était déjà un interprète expérimenté. Il donna son premier concert à 5 ans, et joua le Concerto pour violon de Beethoven à l'âge de 10 ans. A la fin de son adolescence, il donnait déjà des concerts réguliers, et peu après son arrivée à Paris en 1924, il forma un duo avec pas moins que Maurice Ravel, et s'embarqua pour une tournée internationale. Dans les années 1920 et 1930, Francescatti parcourut le monde, bien qu'il ne fit ses débuts aux Etats-Unis qu'en 1939, une fois encore avec le Concerto No. 1 de Paganini, accompagné de l'Orchestre Philharmonique de New York.

Malgré son goût pour Paganini, Zino Francescatti était plus identifié comme un artiste élégant et naturel, que comme un virtuose éblouissant. Plus tard dans sa carrière, il tourna et enregistra en duo avec le pianiste français Robert Casadesus - dont le jeu était aussi décrit comme élégant et fluide. Ils enregistrèrent l'intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven, des œuvres lyriques allant parfaitement à leur style de jeu. Vivant à New York mais retournant régulièrement en France où il se produisait et enseignait, Francescatti enregistra de nombreuses œuvres majeures du répertoire, notamment le concerto de Beethoven avec l'Orchestre Symphonique de Columbia sous la direction de Bruno Walter. Zino Francescatti prit sa retraite en 1976, et vendit son Stradivarius à Salvatore Accardo. En 1987, il utilisa une partie de la recette pout établir une fondation d'éducation et un concours de violon dans la ville d'Aix-en-Provence.
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Franco Gulli
, °1926 - 2001
Le violoniste italien Franco Gulli (1926-2001) étudie avec son père (diplômé du Conservatoire de Prague, dans la classe de Sevcik) et avec Arrigo Serrato à l'Académie Chigi de Sienne. Il poursuit ses études avec Joseph Szigeti en Suisse. Il mène une carrière de soliste dans le monde entier avec les grands orchestres et des chefs d'orchestre prestigieux. Il a également une intense activité de chambriste : il joue le répertoire des sonates avec la pianiste Enrica Cavallo et est membre fondateur du Trio à cordes italien avec Bruno Giuranna et Giacinto Caramia. Ses enregistrements comprennent le cycle complet des sonates et des trios pour cordes de Beethoven, les concertos pour violon de Mozart et le 5e concerto de Paganini. Franco Gulli a enseigné à l'Académie Chigi de Sienne, au Conservatoire de Lucerne (Suisse) et à l'Indiana University School of Music à Bloomington (États-Unis), où il a été nommé Distinguished Professor of Music.
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Leonid Kogan
Russie (Fédération de), °1924 - 1982
Leonid Kogan est l'un des plus grands violonistes du XXème siècle, qui se passionna pour le violon dès l'âge de trois ans. A six ans, il commença à étudier avec Philip Yampolsky, un élève de Leopold Auer. Lorsque sa famille déménagea à Moscou - il avait alors dix ans - il devint l'élève de Abram Yampolsky. Il étudia à l’École Centrale de Musique, puis au Conservatoire de Moscou, où il resta de 1943 à 1948. Ses études supérieures au Conservatoire l'occupèrent de 1948 à 1951.

A douze ans, Leonid Kogan joua devant le violoniste Jacques Thibaud, qui lui prédit une brillante carrière. Bien que ses parents ne veuillent pas faire de lui un enfant-prodige, il fit ses début âgé seulement de dix-sept ans, et se produisit dans de nombreuses salles soviétiques alors qu'il était encore étudiant. Lorsqu'il gagna le premier prix au Festival Mondial de la Jeunesse de Prague, en 1947, il commença à se faire connaitre plus largement. En 1951, il remporta le premier prix du Concours Reine Elisabeth. David Oistrakh, qui était membre du jury (avec Thibaud), se mit alors à le considérer comme un collègue. Kogan commença à assister attentivement aux cours que donnait son partenaire aux autres étudiants.

Après avoir enseigné au Conservatoire de Moscou, et avoir donné de nombreux concerts en Union Soviétique pendant quelques années, Kogan fit ses premières apparitions à Paris et à Londres en 1955, avant de partir en tournée en Amérique du Sud en 1956, puis aux États-Unis en 1957. Kogan fut nommé Artiste du Peuple en 1964 et reçut le Prix Lénine en 1965.
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Arved Kurtz
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Yehudi Menuhin
Grande-Bretagne, Suisse, °1916 - 1999
Yehudi Menuhin naquit à New-York de parents russes et juifs, et fit ses débuts à l'âge de sept ans aux côtés de l'Orchestre Symphonique de San Francisco, en interprétant la Symphonie espagnole de Lalo. Il donna un récital à New York l'année suivante. Il fit des débuts mémorables à Paris et au Carnegie Hall à onze ans, à Berlin à douze ans et à Londres à treize ans. Il se lança ainsi à un très jeune âge dans une carrière qui, dans les décennies suivantes, l'emmènerait dans le monde entier aux côtés des plus grands chefs et orchestres. En plus de sa réputation de musicien exceptionnel, il fut aussi reconnu pour son humanisme engagé, illustré par son travail auprès des jeunes, son intérêt pour la coopération internationale, et pour toutes les causes dont il se sentait proche et touché.

Il réalisa un premier voyage en Inde en 1952, invité par le Premier Ministre Pandit Nehru, au cours duquel il fit la connaissance de Ravi Shankar et développa une profonde admiration envers ce dernier et la musique indienne. Ils donnèrent de nombreux concerts ensemble, et enregistrèrent plusieurs disques qui se vendirent par millions ; les recettes de tous les concerts donnés lors de cette tournée en Inde furent reversées à des causes caritatives. En 1960, il reçut le Nehru Peace Prize for International Understanding. Un trentaine d'années plus tard, en 1992, il fut honoré du titre d'Ambassadeur de Bonne Volonté à l'UNESCO.

En reconnaissance des nombreux concerts données pour les Forces Alliées pendant la Deuxième Guerre Mondiale - il s'envolait vers les États-Unis dès qu'il trouvait une place dans un avion militaire - Yehudi Menuhin reçut de nombreuses récompenses, notamment la Légion d'Honneur et la Croix de Lorraine en France, l'Ordre du Mérite en Allemagne, l'Ordre Léopold et l'Ordre de la Couronne en Belgique, la Médaille d'Or de la Royal Philharmonic Society de Londres et, en 1995, la Grande Croix de l'Ordre du Mérite Civil en Espagne. La Reine Elizabeth II lui conféra le titre de Chevalier en 1965, et lui accorda l'Ordre du Mérite en 1987, suivi d'un anoblissement à vie sur la liste des Honneurs lors de l'anniversaire de la Reine, en 1993.

Yehudi Menuhin fut Docteur Honoraire de près de 30 universités de différents pays, notamment celles d'Oxford, Cambridge, St Andrew's et la Sorbonne. Il fut aussi Citoyen des villes de Édimbourg, Bath, Reims et Varsovie, et reçut les Médailles d'Or des villes de Paris, New-York et Jérusalem. Il fut de plus le premier occidental à être nommé Professeur Honoraire du Conservatoire de Beijing, comme reconnaissance de ses concerts en Chine, et de ses efforts pour aider de nombreux jeunes violonistes chinois à continuer leurs études en Occident.

En 1963, il accomplit l'une de ses plus grandes ambitions : créer un pensionnat pour de jeunes musiciens prometteurs, ouvert aux enfants à partir de sept ans, et sur le modèle de l’École Centrale de Moscou où les étudiants recevaient leur éducation scolaire et un enseignement musical sous le même toit. De nombreux élèves de l’École Yehudi Menuhin - désormais officiellement associée à son équivalent moscovite - ont décroché des bourses universitaires. En 1977, il fonda l'Académie de Musique Internationale Menuhin pour les jeunes musiciens (d'instruments à cordes) à Gstaad (Suisse) - qui était alors le lieu du Festival de Musique Menuhin, dont il fut le directeur artistique pendant 40 ans, et grâce auquel il gagna la citoyenneté suisse.

Yehudi Menuhin réalisa son premier enregistrement à l'âge de douze ans et, un an plus tard, commença un long partenariat avec HMV/EMI, pour qui il continua à enregistrer pendant de nombreuses années. Il travailla aussi avec Deutsche Grammophon (notamment pour l'enregistrement de l'intégralité des Sonates de Beethoven avec Wilhem Kempff), et dirigea plusieurs œuvres orchestrales pour Philips, Virgin, Nimbus et bien d'autres labels. Un grand nombre de ces premiers enregistrements ont été réédités à l'occasion de ses 75ème et 80ième anniversaires par Biddulph Recordings, et IMG Records produisit un coffret regroupant les Symphonies complètes de Beethoven, interprétées par le Sinfonia Varsovia sous la baguette de Menuhin.
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Yfrah Neaman
, °1923 - 2003
Yfrah Neaman (1923-2003) a suivi une formation musicale complète à Paris et à Londres avec Jacques Thibaud, Carl Flesch et Max Rostal. Il a débuté à Londres en 1944 et s'est produit rapidement dans toutes les grandes salles de concert à travers le monde. Il défend sans relâche et avec talent, dans le monde entier, les compositeurs du 20e siècle, dont beaucoup ont écrit des oeuvres à son intention.

Il est professeur de violon à la Guildhall School of Music and Drama de Londres, dont il est également le direceur. Il est invité à donner des cours dans les conservatoires du monte entier. Pédagogue particulièrement apprécié, il est régulièrement invité à donner des cours de maîtrise partout en Europe, aux États-Unis et en Extrême-Orient. Il est membre des jurys de tous les grands concours internationaux de violon et directeur adjoint du London International String Quartet Competition.

Il a été fait Freeman of the City of London en 1980 et a été décoré de l'Order of the British Empire en 1983. En 1997, la Worshipful Company of Musicians lui a décerné la prestigieuse Cobbett Medal. Il a été fait docteur honoris causa par la National Academy of Music de Sofia en 1998 et, la même année, il a reçu le titre de Professor Emeritus de la Guildhall School of Music and Drama.
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Georges Octors
Belgique, °1923 - 2020
Lauréat de différents concours internationaux, Georges Octors débute sa carrière en tant que violoniste soliste. En 1956, il crée l’Ensemble Bach d’Anvers; ensemble accueilli avec enthousiasme au cours de ses nombreuses tournées européennes. En 1960, André Cluytens, alors directeur musical de l’Orchestre National de Belgique l’engage comme assistant. Dès 1975, Georges Octors devient à son tour chef et directeur musical de cette formation symphonique. Très apprécié aux Pays-Bas, il y dirige plusieurs orchestres. Il assurera ainsi la direction musicale du Gelders Orkest à Arnhem pendant dix ans, mais sera également invité par un grand nombre d’orchestres en Europe de l’Est et de l’Ouest (entre autres par le London Symphony Orchestra), aux États-Unis, en ex-URSS (entre autres par la Société Philharmonique de Saint-Pétersbourg) et en Corée du Sud, qui l’accueille chaque année. De 1976 à 1989, il dirige sans discontinuer les finales du Concours Reine Elisabeth. Georges Octors assume ensuite, pendant sept années, la direction musicale de l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, réalisant avec cette phalange quelques enregistrements discographiques très remarqués par la presse internationale spécialisée (Fanfare, Diapason, Crescendo). Georges Octors est invité comme membre du jury de plusieurs concours internationaux au Japon, en Italie, en Allemagne, etc.
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Ricardo Odnoposoff
Autriche, °1914 - 2004
Ricardo Odnoposoff est né de parents russes immigrés à Buenos Aires. Le talent musical exceptionnel du jeune homme poussa ses parents à s'efforcer de lui donner une éducation musicale en Europe. Ils firent une première tentative avec Leopold Auer, qui fut un échec : le professeur légendaire de plusieurs générations de violonistes, qui avaient dominé la scène musicale internationale (Jascha Heifetz, Nathan Milstein, Misha Elman), hésitait à prendre un élève si jeune alors qu'il était déjà d'un âge avancé. Ainsi, suivant les conseils d'Erich Kleiber, Ricardo Odnoposoff étudia tout d'abord avec le konzertmeister Rudolf Deman à Berlin, puis avec Carl Flesch quelques mois plus tard.

Ricardo Odnoposoff obtint son diplôme en 1932, après quatre années d'étude ; mais un autre évènement cette même année eut des conséquences plus décisives sur sa carrière : en juin, le jeune violoniste de 18 ans remporta un prix du premier Concours International de Chant et Violon de Vienne. Il éveilla ainsi l'attention des cercles d'influence du monde musical, et notamment celle du directeur de l'Opéra National de Vienne, Clemens Krauss. Les premiers violons solo de l'Opéra et de l'Orchestre Philharmonique de l'époque - Arnold Rosé, Julius Stwertka et Franz Mairecker, avaient en moyenne 60 ans. En 1923, Richard Strauss avait remarqué les difficultés du concertmaster Karl Prill, ce qui mena à le remplacer par Heinrich Schwarz pour le solo de violon de Bürger als Edelmann de Strauss. Prill prit sa retraite en 1925, mais la situation ne s'améliora pas. Clemens Krauss - qui est connu pour avoir pris de nombreuses décisions concernant le devenir du Philharmonique - s'empara de cette opportunité et en 1933, et sans audition, offrit le poste de concertmaster au jeune Odnoposoff (qui n'avait alors que 19 ans). La première performance de Ricardo Odnoposoff au premier pupitre fut dans Othello de Verdi, le 25 décembre 1933, et sa première apparition philharmonique lors du concert de gala donné pour le 70ème anniversaire de Richard Strauss, le 10 juin 1934. Par la suite, Wilhem Furtwängler dirigea Ein Heldenleben et insista pour que Ricardo Odnoposoff jouât la partie de violon solo. Jusqu'en 1937, il se produisit à sept reprises en soliste avec l'Orchestre Philharmonique de Vienne - dont deux fois pour le Concerto pour Violon en la majeur KV 219 de Mozart. Pour le 100ème de l'anniversaire de Camille Saint-Saëns (1835-1921), une série de concerts fut organisée en l'honneur du compositeur. Il y fit ses débuts avec le Concerto pour Violon en si mineur Op. 61, les 25 et 26 janvier 1936, sous la direction de Felix von Weingartner.

Selon Ricardo Odnoposoff lui-même, il était nécessaire pour un jeune konzertmeister d'un orchestre philharmonique de se considérer d'autant plus comme un soliste : ainsi, il donna un récital incluant les concerti de Johannes Brahms et d'Antonín Dvorák, ainsi que le Concerto en ré majeur KV 218 de Mozart, sous la baguette de Josef Krips et accompagné par le Philharmonique. Il fit en plus de nombreuses apparitions en tant que soliste, à Vienne et lors de tournées - notamment pour un récital de sonates accompagné du pianiste Bruno Walter, le 2 décembre 1935. Ces collaborations artistiques s'étendirent aux concerts avec le Philharmonique, avec lequel il joua l'un de plus grands solos d'orchestre : l'Aria de l'opéra Il re pastore de W. A. Mozart, avec Elisabeth Schumann et sous la direction de Walter, au cours d'une tournée de l'orchestre à Londres en juin 1937. Lors de cette même tournée, Odnoposoff singularisa l'orchestre en proposant une interprétation d'une œuvre pour violon de Franz Kreisler au gala de l'Ambassade d'Autriche.

L’événement ayant probablement été le plus décisif dans la carrière de Ricardo Odnoposoff se produisit en 1937 : cette année-là, le Concours Ysaÿe se distingua par le duel artistique légendaire entre Ricardo Odnoposoff - deuxième prix - et David Oistrakh - qui remporta le premier prix. Ce succès sensationnel attira considérablement l'attention internationale, et constitua un tournant pour la carrière d'Odnoposoff. Il reçut de nombreuses offres de concerts en soliste, qui lui firent quitter son poste de premier violon. Il quitta l'Autriche à l'automne 1938 - départ aussi motivé par le climat politique de l'époque. Après des engagements en Italie, il retourna à Vienne mais se vit refuser l'entrée à l'Opéra : il avait pourtant acquis la citoyenneté autrichienne et était devenu un viennois enthousiaste, mais, ayant conservé la nationalité argentine et l'Autriche ayant été annexée par l'Allemagne nazie, il n'était plus le bienvenu dans son propre pays.

Il partit donc pour la Belgique, puis pour l'Argentine en 1940. En 1942, il fit ses débuts à New York, où il vécut jusqu'en 1956. Cette même année, il revint à Vienne et devint professeur à l'Académie de Musique en 1957. Il enseigna dans cet établissement jusqu'en 1973, et compta notamment parmi ses élèves trois futurs membres du Philharmonique de Vienne : Paul Giggenberger (1941-2000), Ortwin Ottmaier et Edward Kidlak (retraités depuis septembre 2003). Les activités pédagogiques d'Odnoposoff ne se limitèrent pas à Vienne : il enseigna aussi à Stuttgart, et à Zurich jusqu'en 1994. Malgré l'importance de ce travail, l'essentiel de sa carrière restait tournée vers ses concerts, comme le confirment ses centaines d'apparitions publiques et ses enregistrements. Plusieurs de ces enregistrements ont heureusement été re-publiés sur CD.

Après la Deuxième Guerre Mondiale, Odnoposoff fit six apparitions aux côtés de ses anciens collègues viennois. Les 1er et 2 février 1947, il interpréta le concerto de Brahms avec Josef Krips lors de sa série de concerts, et joua la Symphonie Concertante KV 364 en 1961, avec Rudolf Streng pour premier altiste et dirigé par Carl Schuricht, à l'occasion du concert de gala Mozart à Insbruck. Il donna aussi deux concerts lors de la Semaine Mozart de Salzbourg. La dernière apparition de Ricardo Odnoposoff avec le Philharmonique de Vienne eut lieu le 13 juin 1965, à l'auditorium principal du Konzerthaus, et au cours de laquelle il créa le Concerto pour violon de Theodor Berger, sous la baguette d'Eugene Ormandy.

La dernière rencontre entre le violoniste et « son » orchestre eut lieu le 25 février 1994 au Musikverein. Pour son 80ème anniversaire, il reçut l'anneau honoraire du Philharmonique de Vienne alors qu'il achevait une répétition sur le podium du Golden Hall. Cet anneau - sans doute la décoration la plus personnelle de l'orchestre - fut donné en l'honneur de cet artiste qui, bien qu'il n'ait fait partie de l'orchestre que pendant quatre ans, en resta proche pendant toute sa vie. Il garda contact avec le Philharmonique de Vienne pendant ses dernières années, non seulement grâce à son ancien élève Ortwin Ottmaier, mais aussi à cause de son intérêt personnel et de son identification à cet orchestre.
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Maurice Raskin
Belgique, °1906 - 1984
Maurice Raskin (1906-1984) est un des grands violonistes de sa génération. Fondateur du Quatuor belge de Londres pendant la Seconde Guerre mondiale, il connaît une carrière internationale de concertiste et de chambriste. Il travaille avec Vincent d’Indy, reçoit le prix international Fritz Kreisler, signe de nombreux enregistrements. Il siège dans les jurys les plus importants, entre autres le Concours Reine Elisabeth, le Conservatoire National de Paris, le concours Tchaïkovski à Moscou, Villa-Lobos à Rio de Janeiro et d’autres à Porto, Glasgow, Gênes… Maurice Raskin est également professeur de musique de chambre et de violon au conservatoire royal de Bruxelles et professeur principal au conservatoire de Maastricht. Il perpétue auprès de ses nombreux élèves, en Belgique et dans le monde entier, l’école liégeoise du violon.
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Isaac Stern
, °1920 - 2001
Isaac Stern est l'un des plus grands violonistes du monde. Il avait une relation très forte avec le public, grâce à une personnalité très marquée, à sa passion pour la musique qu'il laissait transparaître, et à une maîtrise infaillible du style de chacune des oeuvres qu'il avait dans son large répertoire. Il possédait une impeccable technique, un son fort et chaleureux. Il joua et enregistra presque tout le répertoire violonistique classique, notamment les grands concertos des années 1930 : ceux de Hindemith, Berg, Prokofiev (No. 2), Walton, Bartok (No. 2), et d'autres pièces dont certaines lui étaient contemporaines. Son répertoire allait de Vivaldi à Dutilleux. Isaac Stern travailla aussi au doublage de certains acteurs qui interprétaient des violonistes : il apparut ainsi dans les films Humoresque, Tonight We Sing et Fiddler on the Roof.

Sa famille déménagea aux États-Unis et s'installa à San Francisco alors qu'il n'avait qu'un an. Sa mère, une chanteuse professionnelle, lui donna ses premières leçons de musique. Il commença l'étude du violon au Conservatoire de San Francisco en 1928. En 1932, il devint le troisième « enfant-prodige » de San Francisco à prendre des leçons avec le premier violon solo de l'Orchestre Symphonique de San Francisco, Louis Persinger (les deux autres étaient Menuhin et Ruggiero Ricci). Cependant, il considérait que son vrai professeur était Naoum Blinder, avec qui il étudia jusqu'à ses quinze ans. Isaac Stern fit ses débuts avec l'Orchestre Symphonique de San Francisco le 18 février 1936, sous la baguette de Pierre Monteux, et pour lesquels il joua le Concerto No. 3 de Saint-Saëns. Après ses débuts new-yorkais en 1937, il rentra à San Francisco afin de poursuivre ses études. Il recommença à donner des concerts en 1939, avec un récital qu'il donna à New York le 18 février. Il devint rapidement l'un des violonistes majeurs des États-Unis, où il était tout particulièrement remarqué pour son jeune âge. Son premier récital au Carnegie Hall, le 8 janvier 1943, fut un énorme succès.

En 1943-1944, Isaac Stern joua pour les troupes américaines en Islande, au Groenland et dans le Pacifique du Sud. Après la guerre, il partit en tournée en Australie en 1947, et se rendit pour la première fois en Europe, en 1948. Il se produisit au Festival de Prades de Pablo Casals à partir de 1950-1952, et au Festival d'Edimbourg en 1953. Sa tournée en URSS en 1956 fut l'un des premiers signes de la période de détente de la Guerre Froide. En 1960, il fonda un trio avec le pianiste Eugene Istomin et le violoncelliste Leonard Rose ; ils jouèrent l'intégrale des trios de Beethoven à l'occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur. Isaac Stern enregistra principalement pour Columbia (qui devint par la suite CBS, puis Sony Classics), avec les plus grands orchestres et chefs, avec le trio Stern-Rose-Istomin, et en sonate ou en duo avec Alexander Zakin, son partenaire habituel. Il joua aussi à plusieurs reprises à la Maison Blanche.

A la fin des années 1950, lorsque la ville de New York entreprit la construction du Centre Lincoln, il devint évident que les plans existants entraîneraient la destruction de l'ancien Metropolitan Opera et du Carnegie Hall. Cette dernière salle, ayant l'une des meilleures acoustiques au monde, fut préservée grâce à la mobilisation d'une groupe fondé par Isaac Stern en 1960. Il fut nommé président de la Carnegie Hall Corporation et supervisa la programmation artistique de cette grande salle de concert. Il s'impliqua dans la création du Fonds National pour les Arts des États-Unis et fut nommé à sa première commission consultative. Il présida aussi la commission de la Fondation Culturelle Israélo-Américaine, qui soutient les carrières des jeunes musiciens. Isaac Stern fut nommé Officier de la Légion d'Honneur française, parmi de nombreuses autres récompenses.
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Joseph Szigeti
Hongrie (Rép.), États-Unis, °1892 - 1973
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Eugenia Uminska
, °1910 - 1980
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Sandor Vegh
Hongrie (Rép.), France, °1912 - 1997
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Piano 2020 reporté en 2021
Déroulement d'un concours
S.M. la Reine Mathilde
Jurys des concours de piano
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